Vous êtes ici : Accueil > Evènements > Expositions> Patrimoines de la Grande Guerre – Marquer la frontière

Patrimoines de la Grande Guerre – Marquer la frontière

Troyon (55), Fort d'arrêt de la ligne des Hauts-de-MeuseEn France, lorsque dans l’après-midi du 1er août 1914 retentit le tocsin, « tout le monde s’est arrêté, pétrifié » (Louis Maufrais, 1889-1977). Le même jour en Allemagne, les hommes sont appelés à la mobilisation. Si l’image du départ au front « la fleur au fusil » a depuis plusieurs années été relativisée par les historiens, rien ne laissait toutefois présager de la longueur et de la dureté du conflit.
Plus de quatre ans après, le constat est sans appel. On ne compte plus les milliers d’édifices détruits ou endommagés, les villages entiers définitivement rayés de la carte, sans parler des millions de morts, de blessés et de familles brisées. Ces douleurs ont été partagées par toutes les populations belligérantes, néanmoins les territoires qui furent le théâtre de ces conflits en portent aujourd’hui encore la marque la plus évidente. Parmi eux compte le Grand Est, largement traversé par la ligne du front Ouest. S’y s’élèvent trois mémoriaux nationaux, mais également d’autres témoignages visibles ou plus discrets.
A la suite des historiens, archéologues et professionnels du patrimoine à leur tour se sont intéressés aux traces encore sensibles du conflit alors que disparaissaient les dernières personnes à même de témoigner de la guerre. C’est là l’objet de cette exposition. Renonçant à une démarche exhaustive, elle propose en quatre volets de témoigner de la richesse et de la diversité du patrimoine de ce conflit qui, par-delà son horreur, fit entrer l’Europe dans le XXe siècle.

A la veille de l’été 14, le territoire de notre région est partagé entre deux Etats, héritage du conflit de 1870-1871. De part et d’autre de la frontière, les armées s’étaient dans un premier temps préparées à l’éventualité d’un nouveau conflit. En témoignent la Kriegsthor de Strasbourg, l’un des vestiges les plus emblématiques du système de fortifications allemand, ou le fort de Troyon, conçu selon les plans de l’ingénieur Séré de Rivières (qui a laissé son nom à un vaste ensemble de forts allant du Pas-de-Calais à la Méditerranée), tous deux construits au lendemain du traité de Francfort. Les années passant, les relations s’apaisent entre les deux pays. La frontière, matérialisée par la fameuse « ligne bleue des Vosges » devient un lieu de tourisme avant que, porté par les tensions ravivées au début des années 1910, l’attentat de Sarajevo du 28 juin 1914 ne déclenche l’engrenage du conflit.

Textes de l’exposition : Mireille Bouvet, Bernard Ducouret, Jean-Noël Grandhomme, Marie Pottecher, Jérôme Raimbault, Bernadette Schnitzler.

Remerciements : Jean-Noël Grandhomme, Bernadette Schnitzler.

Photographes : Gilles André, Daniel Bastien, Bertrand Drapier, Simon Durand, Gand D. et M, Alain George, Ludovic Gury, Christophe Hamm, Jacques Philippot.

Illustration de l’article : Troyon (55), ravelin de gorge, vue intérieure. Gilles André, (c) Région Grand Est – Inventaire général, 2016.

Aller à la section 1 « Se battre ».